Zoothérapie : Notions de base

Le : 18 février, 2015 | Vu 2 287 fois

La zoothérapie comment ça marche ?

Comment se servir du pouvoir thérapeutique des animaux ?

Connaissez-vous le mot “zoothérapie” ? Non ? Je ne vous blame pas, cela ne fait pas très longtemps que l’on peut le trouver dans les dictionnaires. Le terme est assez récent : il a été forgé en 1984 par l’institut canadien de zoothérapie (aux U.S.A., on parle plutôt de “Pet Therapy”). La zoothérapie n’est pas une nouvelle façon de soigner les gens en leur faisant visiter un zoo. Elle consiste tout simplement à soigner les êtres humains en les mettant en relation avec des animaux. Bien sûr, la zoothérapie fut ici et là pratiquée à travers les âges, de façon intuitive et empirique. Les Grecs de l’antiquité, eux, croyaient aux propriétés médicinales de la salive des chiens et ils leur faisaient lécher les plaies des blessés. Plus près de nous, au XVIIIe et au XIXe siècle, en Angleterre et en Allemagne, on fît des expériences isolées avec des animaux pour traiter les fous et les épileptiques.


Aquarium utilisé en zoothérapie

L’aquarium… Un anti-stress efficace.

Vous soigneriez-vous avec un aquarium ?

En tant que thérapie à base scientifique, la zoothérapie est véritablement née dans les années 50 aux USA lorsque commencèrent à s’accumuler les preuves expérimentales du potentiel thérapeutique des animaux. Les chercheurs américains découvrirent notamment que :

– La croyance des Grecs à propos de la salive des chiens était fondées ;

– Le fait de caresser un animal et de lui parler fait baisser d’une façon significative la tension artérielle ;

– La simple présence d’un chien dans la salle de repos suffit à faire baisser la tension artérielle des enfants malades ;

– La contemplation d’un aquarium amène dans un état de profonde relaxation comparable à l’hypnose – d’où l’utilité d’en placer dans les endroits où l’on vit des situations de stress (salle d’attente, dentiste…) ;

– La relation privilégiée avec un animal pourrait même augmenter la production d’anticorps et prévenir la dépression ou le suicide.

Comment applique-t-on la zoothérapie ?

La zoothérapie se combine, en général, avec d’autres formes de pratique connues et plus spécialisées telles que l’ergothérapie, dans le cas des handicapés physiques, ou la psychiatrie, pour les problèmes mentaux. A l’heure actuelle, on l’utilise surtout pour traiter les enfants autistiques ou caractériels, les handicapés physiques ou mentaux, les vieillards et les prisoniers. De façon générale, les spécialistes constatent que la présence d’un animal

– Détend l’atmosphère,

– favorise la relation patient-thérapeute,

– stimule l’énergie des patients.

Le succès est phénoménal et vaut largement l’inconvénient d’élever de petites ménageries dans des institutions. Dans le cas des enfants autistiques, les animaux représentent à la fois une porte ouverte vers le monde extérieur et un déclencheur de leur émotivité. On remarque souvent que des enfants qui refusaient de parler retrouvent l’usage de la parole quand on les met en contact avec des animaux. Quant aux handicapés physiques, l’intéraction avec un animal durant les exercices de rééducation crée un climat ludique où ils peuvent se défendre et se dépasser.

Ainsi le Docteur Siouffi, psychiatre dans un hôpital montréalais rapportait q’un retardé léger de dix-huit ans en vint à maîtriser sa rage et son impatience en jouant avec des chiens et en apprenant à leur donner des ordres. Tout se passa comme si les chiens lui servaient de miroir pour prendre conscience de son impulsivité ! vous n’avez pas besoin d’être un spécialiste pour profiter des bienfaits de la zoothérapie. Voici d’ailleurs queîques indtcations pour mieux comprendre et appliquer les principes de la zoothérapie.

Pourquoi un animal est-il bénéfique pour votre enfant ?

Vous n’aimez pas que vos enfants aient des animaux ou vous n’en voyez pas l’utilité ? Qu’ils aient ou non des problèmes, l’enfant est peut-être le plus à même de profiter de la présence d’un animal. Par sa situation de dépendance et de fragilité face au monde qui n’est pas encore le sien, l’enfant se reconnaît facilement dans l’animal. Il n’a donc pas de difficultés à établir une relation d’empathie avec l’animal. D’autant plus que le contact entre eux est direct, instinctif et se fait au
delà du langage.

En somme, l’enfant s’ouvre souvent plus aisément en présence d’un animal que d’un adulte. Il joue et s’extériorise sans crainte d’être puni ou jugé. La présence d’un animal permet donc à l’enfant d’exprimer ses besoins insatisfaits mais aussi de les combler : besoin d’aimer ou d’être aimé. De plus, l’animal le met en contact avec sa spontanéité corporelle. Courir, jouer avec l’animal ou le caresser aident l’enfant à développer sa motricité, sa souplesse et son sens du toucher.
D’autre part, en prenant soin d’un animal, l’enfant découvre son sens des responsabilités et se sent indispensable. De là, naît un sentiment de sécurité et d’identité qui connecte plus l’enfant avec le réel et lui permet de communiquer plus facilement avec ses semblables.

L’enfant normal pratique donc spontanément une forme de zoothérapie lorsqu’il possède un animal familier. Quant aux enfants aux prises avec de graves problèmes physiques ou mentaux, la zoothérapie peut les aider dans le cadre d’une méthode multidisciplinaire plus spécifique à leur cas. Mais que ce soit pour l’enfant handicapé ou cloué à vie dans un fauteuil, l’enfant souffrant de troubles mentaux ou l’enfant normal obligé de subir un séjour prolongé à l’hôpital, l’animal demeure le compagnon par excellence qui leur permettra de faire face à la solitude, à l’ennui et au stress. Et ne fût-ce que pour cette raison, la zoothérapie devrait avoir de plus en plus droit de cité dans tous les hôpitaux.

Malheureusement, il reste encore à lever certains obstacles. Il y a le problème de l’entretien des animaux et la crainte de l’infection. Mais si l’un de vos enfants devait être hospitalisé pour une autre, insistez beaucoup pour qu’il ait ne fût-ce qu’un petit oiseau dans sa chambre, on ne sait jamais cela peut toujours marcher. L’animal remplacera votre présence et accélérera la guérison de votre enfant, en l’aidant à conserver un bon moral.

Pourquoi l’animal peut-il également profiter à tout adulte ?

On sait déjà à quel point le chien est utile à l’aveugle. Et certains petits singes très habiles apportent une aide inestimable à des handicapés graves. Pour ceux qui sont en phase de rééducation motrice, l’interaction avec un animal durant les exercices donne une dimension de jeu. L’animal dédramatise la situation et vous communique sa souplesse et sa vitalité.

Mais l’adulte normal peut en profiter tout autant. C’est sans doute que l’animal va chercher l’enfant qui est en nous avant que la société ne nous embrigade dans ses rangs. Réveiller votre fraîcheur originelle d’enfant est un important facteur de bonne santé. Quand il est en bonne santé, l’animal est une incroyable source de joie pour toute une maisonnée. En cas de deuil, un animal joyeux et vigoureux peut alléger incroyablement le fardeau de votre peine. De même si vous souffrez d’une maladie grave. On voit souvent des vieillards désabusés retrouver le goût à la vie quand on leur donne un animal. Et, aux Etats-Unis, on a pu observer que des bagnards renfrognés s’attendrissaient à vue d’œil si on leur donnait un petit compagnon. A la longue, leur caractère s’améliorait beaucoup et on pouvait les libérer sur parole plus rapidement. Mais ne fût-ce qu’à titre d’entraîneur pour le jogging, le chien est un merveilleux compagnon qui vous permettra de courir plus longtemps. Par ailleurs, le simple fait d’aller faire une promenade avec le chien est déjà en soi un facteur de bonne santé. Le chien vous force à mettre les pieds dehors et à prendre l’air. Il vous rappelle la présence de votre… corps, qui lui aussi a ses raisons que la raison ignore. Tout comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, peut-être faisiez-vous déjà de la zoothérapie à votre insu !

Comment choisir votre animal ?

Le chien est semble-t-il, le “thérapeute à quatre pattes” le plus employé. En France on utilise de plus en plus le cheval pour traiter les handicapés mentaux et physiques. C’est un autre “thérapeute à quatre pattes” très populaire chez les enfants et les adolescents : c’est ce qu’on appelle l’équithérapie.

Mais les oiseaux font aussi merveille dans les hospices de vieillards ou dans les prisons. Les poissons sont eux-aussi de remarquables thérapeutes. Les Américains croient si bien au pouvoir antistress de la contemplation des aquariums qu’ils font des vidéos de 30 minutes montrant le petit quotidien des poissons dans un aquarium. Vous pouvez les voir aller et venir et vous les verrez même faire des bulles. Ces vidéos sont conçues pour les gens qui n’ont pas la possibilité d’avoir un aquarium ou qui ne veulent pas avoir à prendre soin des poissons.
Si vous ne pouvez vous procurer de telles vidéos faites-en vous-même avec votre téléphone portable. Quel que soit votre cas, les zoothérapeutes considèrent qu’il est très important de bien choisir un animal.

— Est-il en bonne santé ?

— Sa taille convient-elle pour l’enfant et l’espace dont on dispose ?

— Le caractère de l’animal peut-il s’harmoniser avec celui de l’enfant ?

— Quelle race ou quel type choisir, en fonction de vos besoins ? Voilà autant de questions que vous devez vous poser avant d’acheter ou de recueillir un animal.

 



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