Absinthe

0 Commentaires | 29/07/2013

feuilles et fleurs d'absinthe

Absinthe – Artemisia absinthium

Autres noms commun : grande absinthe, absin, aluyne, aluine, alvine, aloïne, armoise, herbe sainte, herbe aux vers, menu alvine, armoise amère, absinthe

By Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen (List of Koehler Images) [Public domain], via Wikimedia Commons

Absinthe (Artemisia absinthium)

Histoire de l’Absinthe

Au cours des deux derniers siècles, elle a été l’objet d’adoration, muse inspiratrice, sujet de discussion tant dans les salons intellectuels que dans les tavernes les plus sordides. Boisson alcoolisée ambivalente, surnommée sans distinction Le péril vert et La fée verte en référence à la couleur de la boisson et à l’atmosphère tantôt dangereuse, tantôt “magique” dans laquelle les personnes qui la consommaient se perdaient.

“L’absinthe, comme un poème, favorise l’amour.”
Oscar Wilde

L’absinthe majeure (Artemisia Absinthium), l’un des ingrédients de base de la distillation de l’absinthe à l’anis et au fenouil, a toujours été considérée comme une plante aux vertus thérapeutiques. Elle faisait partie des remèdes thérapeutiques depuis l’époque des anciens Egyptiens, est en fait présente dans les inscriptions datant de 1600 av. J.-C. qui la recommandent comme tonique, analgésique et remède contre la fièvre. On l’utilisait pour aider à la digestion et traiter la dysenterie et il était considéré comme un excellent antiseptique. Des philosophes et physiciens grecs tels que Pythagore et Hippocrate ont loué ses vertus et ses effets bénéfiques sur la santé, soulignant ses effets aphrodisiaques et renforçant sa capacité à stimuler leur inspiration et accroître leur créativité.

Plante dédiée par les anciens Grecs à Artémis (Diane, pour les Romains), déesse de la fertilité. Sans aucun doute, son effet remarquable sur l’utérus a influencé ce phénomène. Or, ce qui a le plus contribué à sa diffusion ces derniers temps, c’est sans doute sa vertu apéritive et gastrique. Le vermouth est une liqueur à base d’absinthe, car Wermuth est précisément le nom allemand de cette plante.

Au siècle dernier, alors que de nombreux remèdes étaient encore utilisés empiriquement, sans aucune connaissance de leurs véritables effets, on pensait que la liqueur d’absinthe stimulante, obtenue par macération dans l’alcool, était une panacée. A tel point que, surtout en France, de graves empoisonnements aigus et chroniques et même des décès sont survenus, comme celui du poète français Verlaine.



L’absinthe distillée est née en Suisse au début des années 1700, sous la forme d’un élixir qui servait à traiter diverses maladies. Sa paternité est controversée. Certains l’attribuent au Dr Pierre Ordinaire, médecin français exilé en Suisse, d’autres à Henriette Henriod, dite “mère Henriod”. Pour démontrer la maternité de la recette, Mamma Henriod a déclaré que l’incitation à produire l’élixir était donnée par l’énorme charme qui exerçait sur elle les propriétés bénéfiques de l’absinthe qu’elle cultivait dans son jardin avec les autres herbes qui faisaient partie de la recette originale. Elle produisait donc de l’absinthe à l’aide d’un petit alambic qu’elle avait dans sa cuisine. Une production artisanale ante litteram. Comme elle n’était pas en mesure de produire de grandes quantités, elle ne vendait son produit qu’en petits échantillons aux familles et aux pharmacies. Le maire Dubied, qui n’avait pas échappé à l’augmentation de la demande pour l’élixir, acheta la recette et fonda avec son futur gendre, Henri-Louis Pernod, la distillerie “Dubied Pere et Fils” en 1798. Après quelques années, Henri-Louis décide d’ouvrir sa propre distillerie à Pontarlier, en France, et de l’appeler “Pernod Fils”. Dès lors, le nom Pernod sera toujours lié à l’absinthe.

Avec le début de la production d’absinthe en distillerie, il a été décidé de modifier la recette originale pour répondre aux exigences de nombreux clients qui n’aimaient pas son goût amer. Pour l’humidifier, la nouvelle recette a réduit la quantité d’absinthe en augmentant la quantité d’anis et de fenouil. Ainsi est née l’Absinthe.

Dispersion, déclin et renaissance de l’absinthe

La diffusion du distillat commença vers 1830, en même temps que le retour triomphal des troupes françaises qui avaient conquis l’Algérie. La rumeur s’était répandue que l’utilisation de cette boisson dissoute dans l’eau avait protégé les soldats du typhus, du choléra, de la dysenterie et même du paludisme. C’est ainsi que cette étrange boisson verte au goût amer et à l’arôme d’anis devint rapidement un véritable rite social, à tel point qu’à la fin du XIXe siècle, sa renommée atteignit son apogée : elle fut consommée sans distinction par les riches bourgeois, artistes et prolétaires.
“Le péril vert” accompagnait la vie des bohémiens qui traînaient au Café Momus décrit par Henry Murger dans “La vie de Bohème”. Le père des poètes maudits, Charles Baudelaire, le mentionne souvent dans ses “Fleurs du mal” et l’un des maîtres de l’impressionnisme français, Edouard Manet, l’immortalise dans une peinture de 1876, intitulée “Buveur d’absinthe”. Vincent Van Gogh était aussi un grand fan. On dit que les images déformées de ses œuvres ont été “inspirées” par l’état de conscience altéré dans lequel le grand peintre hollandais est tombé, lorsqu’il s’est abandonné à la fée verte cachée au fond du flacon de l’absinthe.

Sa grande popularité et son coût abordable, même pour les classes les plus pauvres, en ont fait la boisson la plus demandée et la plus consommée, à tel point que les vignobles ont enregistré de sérieuses pertes en termes de pourcentage de ventes.

Au début du XXe siècle, une campagne d’information a été lancée pour mettre en garde contre les effets négatifs de l’absinthe. La rumeur s’est répandue que l’absinthe, comme une drogue, créait une dépendance et que l’opium était utilisé dans sa recette.

Les raisons de ce déclin sont essentiellement au nombre de trois : la grande résonance que le mouvement social né pour combattre l’alcoolisme et qui a traversé toute l’Europe au début du XXe siècle a réussi à avoir ; la diffusion d’études scientifiques qui affirmaient que le tujone, huile essentielle de la plante d’arthemisia, était une substance toxique susceptible de provoquer convulsions et mort chez les animaux de laboratoire ; la pression exercée par les producteurs français qui craignaient une augmentation de l’absinthe.

Dans un canton suisse, un agriculteur de 31 ans qui avait consommé de grandes quantités d’alcool, dont deux verres d’absinthe, est rentré chez lui et a tué par balle sa femme et ses deux filles. Profitant de cette triste réalité, les opposants à l’absinthe ont mis en évidence les 2 verres d’absinthe consommés par l’agriculteur en les utilisant comme preuve du pouvoir hallucinogène de la boisson.

Depuis lors, l’absinthe est devenue une boisson illégale jusqu’en 1988, date à laquelle une directive du Conseil européen lui a de nouveau accordé le libre-échange.

En Italie, l’interdiction fasciste de 1931 sur la distribution et la consommation de l’absinthe n’a été levée qu’en 1992.

Comment se procurer et boire de l’absinthe

L’absinthe est une boisson à haute teneur en alcool. Alors que chaque producteur a sa propre recette secrète qui peut contenir jusqu’à 15 herbes, les herbes qui ne peuvent jamais manquer sont l’arthemisia absinthium, une plante qui pousse luxuriamment dans les Alpes et le long des rivières, et l’anis, responsable de l’arôme frais et piquant.

L’absinthe, l’anis et d’autres herbes comme la menthe, le fenouil, la mélisse, l’hysope et l’angélique macèrent dans l’alcool pendant quelques semaines et à la fin de la macération, elles sont distillées dans un distillateur en cuivre ou en acier. Le résultat est un liquide transparent qui est coloré à l’aide d’herbes et sucré pour obtenir une liqueur sirupeuse qui peut avoir les tons de chlorophylle, du jaune pâle au vert émeraude.

Déguster l’absinthe est un véritable rituel. Il y a deux façons de boire l’absinthe : les méthodes Française et les Bohémiène.

La méthode française consiste à verser la liqueur dans un verre sur lequel est posée une cuillère perforée sur laquelle repose un morceau de sucre. Versez de l’eau glacée sur le cube.

Dans les pièces où l’on boit de l’absinthe, en effet, au centre de la table, il y a toujours une fontaine avec de petits robinets d’où l’on peut puiser l’eau froide qui coule. L’action de l’eau dissout le sucre qui s’écoule dans l’absinthe en créant l’effet louche : la liqueur prend une couleur laiteuse. Lorsque le sucre a fondu, le verre est libéré de la cuillère à café et la boisson est mélangée en ajoutant, si désiré, de la glace. Le degré de dilution correct exige que l’eau versée soit trois fois supérieure à la quantité de liqueur.

La méthode bohémienne s’est répandue au XXe siècle et est née principalement pour étonner et attirer les touristes. En fait, elle prévoit le feu du sucre en morceaux trempé dans l’absinthe. Avant que le sucre ne devienne caramel, versez l’eau froide sur le cube brûlant, retirez la cuillère à café du verre, mélangez et buvez.

Habitat

Caractéristique des lieux montagneux du sud de l’Europe. Elle est abondante dans les fossés et sur la terre ferme. Elle était cultivée.

Description

Plante vivace, de la famille des Compounds, de 40 à 80 cm de haut, le tout recouvert d’un fin poil qui lui donne un aspect argenté. Les fleurs, jaunes, sont groupées en têtes. Parties utilisées : feuilles et capitules.

Partie utilisée

Feuilles et fleurs.

Propriétés et indications

L’utilisation de l’absinthe comme plante médicinale est exempte des effets désastreux des liqueurs qu’elle produit, entre autres, parce que son goût amer fort la rend impropre à une consommation abondante. Elle contient des principes amers (absintine), auxquels elle doit ses propriétés digestives ; des huiles essentielles riches en thuyone, à action vermifuge et éménagogue, mais toxiques à fortes doses ; des sels minéraux (nitrate de potassium) et tanins. Appliquée correctement, l’absinthe nous offre des propriétés médicinales intéressantes, qui sont mentionnées ci-dessous :

Tonique gastrique

comme toutes les plantes amères, il développe un effet tonique sur l’estomac, augmentant l’appétit et stimulant la sécrétion du suc gastrique. Il convient donc aux personnes inappétentes et dyspeptiques (qui souffrent d’une forte digestion). Ce n’est pas le cas pour les ulcères et ceux qui ont un tempérament sanguin, car l’augmentation de la sécrétion des sucs gastriques leur est nuisible. Comme le souligne à juste titre Font Quer, “l’absinthe ne doit pas être prise inutilement”.

Cholérétique

par le fait d’augmenter la sécrétion biliaire, il exerce sur le foie une action favorable, décongestive et stimulante de ses fonctions. Il est approprié dans les cas d’insuffisance hépatique et dans la phase de convalescence de l’hépatite virale.

Vermifuge puissant

les adultes viennent le prendre, bien que résignés, mais les enfants le rejettent ouvertement. Pour eux, il est préférable d’utiliser d’autres vermifuges.

Eménagogue puissante : agit sur l’utérus (matrice) provoquant les menstruations, mais normalise aussi les cycles. Il est donc recommandé pour les jeunes femmes pâles et affaiblies, qui souffrent généralement de règles irrégulières et douloureuses. Avicenne, le célèbre médecin hispano-arabe du XIe siècle, l’a prescrit “pour calmer les femmes aigres et bilieuses”.

Utilisation

En infusion avec 10 à 20 grammes de plante par litre d’eau. Pour adoucir votre amertume, vous pouvez ajouter une cuillère à soupe d’une des plantes suivantes : réglisse, menthe ou anis. Sucrer au miel.

Pour les troubles digestifs, 1-2 tasses par jour, avant les repas. Pour les troubles menstruels, 2 tasses de cette tisane sont prises chaque jour, pendant la semaine précédant vos règles. En macération : Mettre environ 100 g de fleurs séchées dans un litre d’huile d’olive. Laisser reposer pendant un mois. Une cuillerée à soupe de cette huile à jeun, et une autre avant le déjeuner (repas du midi), pour les troubles de la vésicule biliaire. Comme insecticide : l’infusion d’absinthe est un insecticide efficace. Il peut être pulvérisé sur les animaux domestiques et les plantes. Sous forme de lotion appliquée sur la peau, elle repousse les moustiques. Et en plaçant de l’absinthe séchée dans des sacs de tissu entre les vêtements, elle prévient efficacement les mites.


Précautions à prendre : À fortes doses, il peut causer des tremblements et des convulsions. Les femmes enceintes devraient s’abstenir de l’absinthe en raison de son effet abortif possible, ainsi que les nourrissons car elle est éliminée par le lait et est nocive pour le bébé. Il ne convient pas non plus aux personnes souffrant d’ulcères gastro-duodénaux ou de gastrite.

 

Sources :

  • INPN – Inventaire National du Patrimoine Naturel
  • Bibliographie

 


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