Optimiser les Soins de la Peau avec la Chronobiologie

Commentaires fermés sur Optimiser les Soins de la Peau avec la Chronobiologie | 11/12/2018

chronobiologie et santé de la peau

Comprendre la peau et le rôle de la chronobiologie pour une meilleure efficacité des soins de la peau

Comment fonctionne la peau humaine ? En quoi les rythmes biologiques influencent-t-ils la peau ? Comment choisir ses soins cosméto en fonction du moment de la journée ? En quoi la chronobiologie appliquée en cosmétologie permet-elle d’améliorer la prise en soin de la peau ? Selon les besoins séquentiels de la peau, quelles huiles essentielles utiliser ? Existent-ils des créneaux horaires optimaux pour les interventions médicales ? Autant de questions qu’il vaut la peine de se poser !

Article rédigé par Magali Audusseau

1. Comprendre la peau 5 sur 5 !

Quelles sont les différentes couches de la peau ?

La peau est une barrière naturelle qui présente une structuration complexe pour faire face aux différents impacts extérieurs. C’est parti pour un voyage à l’intérieur de votre peau !

Le film hydrolipidique

En première ligne, le film hydrolipidique est là pour assurer le maintien de l’eau dans l’épiderme et protéger la peau. La flore microbienne qui s’y développe permet la défense contre les infections. Le film cutané est de nature acide (pH = 5.5). Ce manteau acide se développe dans les premiers mois de la vie, c’est pourquoi la peau des bébés est si fragile. Il est composé d’eau, de graisses (glandes sébacées), de lécithine et de cholestérol notamment.

à lire aussi : Comprendre l’équilibre acido-basique

La qualité et la composition du film hydrolipidique varient selon différents facteurs :

  • Facteurs endogènes : parties du corps, alimentation, stress, maladie…
  • Facteurs exogènes : moment de la journée, saison, humidité dans l’air…

Le Potentiel Hydrogène (pH) de 5.5 joue un rôle majeur dans la protection et le maintien de la santé de la peau. C’est à cette valeur physiologique exactement que le film hydrolipidique assure pleinement ses fonctions de :



  • Protection des infections
  • Barrière et maintien de l’eau dans l’épiderme pour éviter le dessèchement cutané

Maintenir le pH de votre peau à 5.5 est donc essentiel pour optimiser sa réelle capacité de défense naturelle. Différentes marques cosmétiques ont intégré ce point crucial et déposé des brevets de produits élaborés autour de cette promesse marketing d’une formulation au pH de 5.5.

structure de la peau

L’épiderme

D’une épaisseur d’environ 1 mm, l’épiderme assure la résistance et l’imperméabilité de la partie externe de la peau. 5 couches successives forment un bouclier. Le renouvellement cellulaire se fait sur 28 à 30 jours. Les jeunes cellules remontent de la couche basale à la couche cornée en surface. Elles perdent sur le chemin de l’épaisseur et se kératinisent. Elles s’entourent d’un film lipidique puis se dessèchent. Elles sont ensuite éliminées par un processus de desquamation. Cette couche externe d’un petit millimètre d’épaisseur contient les substances permettant le maintien de l’eau. Le soutien de cet équilibre est donc précieux pour protéger l’écosystème de la peau.

Le derme

C’est la couche épaisse qui structure la charpente de la peau. C’est là où se localisent les :

  • Vaisseaux sanguins
  • Follicules pileux (la racine des poils)
  • Fibres de collagène et d’élastine
  • Glandes sudoripares et sébacées
  • Terminaisons nerveuses

Cette couche adhère fortement à l’épiderme. Tous ces éléments assurent les fonctions de cohésion et de nutrition de la peau.

L’hypoderme

C’est la couche qui forme un matelas adipeux sous-cutané avec notamment les tissus graisseux. Son rôle est multiple :

  • Il s’adapte aux mouvements des structures situées sous lui (muscles, tendons, os)
  • Il assure une protection mécanique (chocs) et thermique
  • Il constitue un réservoir énergétique : stockage (lipogenèse) et libération (lipolyse) de l’énergie sous forme de lipides.

A partir de là, comment prendre soin de sa peau ?

La peau est un reflet de notre santé intérieure. La nutrition de la peau se fait principalement par circulation systémique d’où le rôle incontournable de l’alimentation et du métabolisme. En nourrissant votre peau, vous prenez soin de l’éclat de votre teint.

Les principaux besoins de la peau :

  • Vitamines liposolubles : A, D, E, K
  • Vitamines hydrosolubles : B (B1, B2, B6, acide folique, niacine, biotine, acide pantothénique, B12) et C
  • Oligo-éléments et minéraux : zinc, sélénium, fer
  • Eau

Les compléments alimentaires sont intéressants mais attention au surdosage. Une alimentation basée sur la diversité des apports est généralement suffisante en l’absence de carences graves.

Les facteurs de stress de la peau à éviter ou à limiter du mieux possible :

  • Soleil, exposition prolongée aux UV
  • Tabac
  • Agressions de l’environnement : froid, sécheresse, vent, pollution
  • Facteurs nutritionnels : carences en vitamines, oligo-éléments, excès de sucre
  • Facteurs mécaniques : les mouvements répétitifs qui créent les rides d’expression
  • Facteurs hormonaux : la carence en œstrogènes chez la femme par exemple
  • Facteurs génétiques : qui influence le vieillissement des cellules

Apprendre à observer sa peau…

La lecture des signes cliniques de la peau est importante à faire pour identifier les pathologies cutanées. Au-delà du visible, il est intéressant d’agir en comprenant que les troubles de la peau révèlent souvent un autre trouble « invisible » en lien avec un autre organe :

Il s’agit donc de traiter localement la peau et d’agir aussi sur l’organe lié en adaptant son alimentation et/ou en faisant un drainage des émonctoires.

Quelques illustrations de l'expression du rythme circadien et du rythme biologique chez l'Homme

Quelques illustrations de l’expression du rythme circadien et du rythme biologique chez l’Homme (Wikimedia Commons)

2. Quelle est l’influence des cycles circadiens sur l’organisme ?

Un aspect fondamental de la physiologie humaine est sa nature cyclique de 24 heures. « Tout ce qui vit alterne entre phase d’activité et phase de repos » explique le Dr Richard Guédon. Les processus biologiques sont compartimentés dans le temps au rythme de la rotation de la planète et des cycles jour / nuit. L’influence des rythmes circadiens est aujourd’hui validée mais la compréhension des impacts sur la santé n’en est qu’au balbutiement.

La chronobiologie est l’étude de ces rythmes biologiques et des conséquences de leur perturbation. Elle constitue un domaine de recherches important pour le développement de la biomédecine.

Qu’est-ce qu’un rythme biologique circadien ?

Le rythme circadien (Circa en latin signifie « autour de » et dies « jour ») est une période de 24 heures pendant laquelle différents mécanismes biologiques opèrent. Un rythme circadien alterne une période de veille et un temps de sommeil. Le rythme circadien peut varier d’un individu à un autre entre 23h30 et 24h30. La moyenne chez le sujet sain est estimée à 24h10.

Le rythme circadien intervient dans la régulation des fonctions biologiques et cognitives suivantes :

  • Le système veille/sommeil,
  • la température corporelle,
  • la sécrétion d’hormones,
  • la pression artérielle,
  • la fréquence cardiaque,
  • les fonctions supérieures comme la régulation de l’humeur,
  • les fonctions cognitives et la mémoire

Tout est cyclique :

  • La concentration est meilleure en matinée,
  • la température corporelle est basse le matin et plus élevée en soirée,
  • l’activité intestinale diminue la nuit…

Des gènes « horloge » dans le cerveau

Depuis les années 60, il a été mis en évidence que 2 noyaux suprachiasmatiques (NSC) situés dans l’hypothalamus sont à l’origine de certains rythmes. L’étude a montré que des individus isolés pendant plusieurs semaines dans l’obscurité et sans repère de temps peuvent continuer à maintenir un rythme de sommeil/activité sur 24h. Le rythme circadien est donc provoqué par l’organisme lui-même.

Ces 2 NSC comportent chacun environ 10 000 neurones avec une activité électrique oscillant entre 23h30 et 24h30. Cette activité électrique est contrôlée par l’expression cyclique d’une quinzaine de gènes “horloge”, qu’ont découvert et exploré trois généticiens américains : Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young. En 2017, ils ont reçu le Prix Nobel de médecine « pour leurs découvertes des mécanismes moléculaires qui règlent le rythme circadien ».

Ces trois chercheurs « ont pu s’introduire dans notre horloge biologique et élucider son fonctionnement interne. Leurs découvertes expliquent comment les plantes, les animaux et les êtres humains adaptent leur rythme biologique pour qu’il se synchronise avec les révolutions de la Terre » a précisé le jury de l’académie Nobel.

Une resynchronisation constante sur 24 heures

L’horloge interne est remise à l’heure en permanence sur un cycle de 24 heures par des synchroniseurs extérieurs :

  • La lumière
  • la température extérieure
  • l’activité physique.

Sans cette resynchronisation constante, chacun verrait progressivement ses rythmes décalés dans le temps selon qu’il se règle sur 23h30 ou 24h30 et la vie sociale serait alors rendue difficile.
Le rythme biologique est défini par deux composantes :

  • Facteurs génétiques (endogènes) : ces facteurs expliquent notamment la différence de sommeil entre « petits et gros dormeurs » de 2 à 3 heures selon les individus.
  • Facteurs environnementaux (exogènes) : la luminosité, la température, la saison, le type d’activité physique, l’alternance activité-repos etc. Ces facteurs modulent les rythmes biologiques mais ne sont pas à l’origine des rythmes circadiens.

La lumière, un facteur indispensable à la synchronisation des rythmes circadiens

L’information lumineuse est captée au niveau de la rétine par un groupe de cellules photoréceptrices particulières : les cellules ganglionnaires à mélanopsine. Ces cellules sont reliées aux 2 noyaux suprachiasmatiques (NSC) par un système nerveux différent de celui impliqué dans la perception visuelle.

Ce signal transmis à l’horloge interne provoque la sécrétion de mélatonine et la remise à l’heure du cycle sur 24 heures. Ce même signal parvient également à d’autres structures cérébrales régulatrices notamment de la mémoire, de l’humeur et du sommeil. D’autres photorécepteurs sembleraient être impliqués également mais le décryptage de leur rôle reste encore à faire.

A noter le rôle de la glande pinéale, qui transforme la sérotonine en mélatonine, dans cette synchronisation.

Quels facteurs induisent des effets de la lumière sur l’horloge biologique ?

L’exposition lumineuse a des impacts sur l’horloge biologique et donc potentiellement sur le sommeil. Les effets vont dépendre :

  • Du moment dans le cycle : une exposition tardive à la lumière en fin de journée et le soir retarde l’horloge alors qu’une exposition entre 5h et 17h l’avance.
  • De l’intensité : l’éclairage par de simples bougies (quelques dizaines de lux) suffit à bloquer la production de mélatonine et à provoquer des troubles de l’endormissement.
  • Du spectre de la lumière (couleur) : l’effet sera d’autant plus impactant qu’il sera riche en longueurs d’ondes bleues.
  • De la durée et du niveau d’exposition lumineuse dans les heures avant le coucher. 10-15 minutes en début de nuit d’exposition pourrait suffire à bloquer la sécrétion de mélatonine et retarder l’horloge.

A retenir

  • Un cycle circadien est une horloge interne qui impose un cycle de 24 heures à notre organisme.
  • La lumière du soleil envoie un signal aux noyaux suprachiasmatiques (NSC) (= horloge circadienne située dans l’hypothalamus)
  • Le cerveau commande la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil). Le taux de mélatonine augmente à mesure que la lumière diminue.
  • La synchronisation de l’horloge se fait essentiellement grâce à la lumière.
  • Les troubles du rythme circadien ont des répercussions sur la santé.
  • L’horloge interne est désynchronisée par :
    ➢ La lumière bleue en excès le soir et la nuit (les écrans)
    ➢ Le travail de nuit
    ➢ La prise alimentaire tardive (après 23h)

3. Les effets du rythme circadien sur la peau

Quels sont les besoins de la peau le jour ?

La compréhension du rythme de la peau a un réel intérêt pour optimiser les soins de la peau, que ce soit en dermatologie ou bien également pour des interventions médicales entraînant une cicatrisation de la peau.

Savoir utiliser les bons produits au bon moment est un gage d’efficacité. Alors regardons notre montre pour mieux prendre soin de nous !

Les besoins de la peau en journée

Le matin

La perméabilité de la peau est plus importante le jour et en début de nuit que le matin. Il est donc fortement conseillé de se lever tôt pour mettre sa préparation hydratante. La pénétration des actifs sera plus efficace plutôt avant 9h. Le matin, la peau exprime des besoins d’hydratation pour renforcer son film protecteur. Choisissez des soins de jour riches en acides, antioxydants, vitamines et minéraux. Les huiles végétales bio et des actifs naturels apportent tout cela !

Privilégier un soin à base d’huile végétale de Jojoba, Simmondsia chinensis / californica : anti-oxydante, renforce le film hydrolipidique ++++

Entre 12h et 14h

C’est le moment que choisi la peau pour perdre un peu d’eau et augmenter la production de sébum et du pH cutané. Le premier effet visible est ce nez tout luisant qu’il nous faut mesdames repoudrer avant d’aller déjeuner. Cette augmentation du sébum correspond à une augmentation des besoins en eau de la peau (accroissement métabolique).

Il est observé aussi :

  • Un abaissement de la température cutanée (batyphase). Cette diminution des échanges thermiques permet de protéger la peau contre les variations de températures extérieures.
  • Un pic de la production de radicaux libres (acrophase).

Le soir / la nuit

Après s’être protégée des agressions extérieures toute la journée, la peau profite de la tranquillité de la nuit pour se régénérer. Elle élimine les toxines en ouvrant ses pores. La peau devient ainsi plus perméable et l’eau s’évapore. Les mécanismes de régénération et réparation se mettent en œuvre avec un processus de multiplication cellulaire jusqu’à 8 fois plus important qu’en journée.

Entre 20h et 23h, pensez à effectuer un démaquillage des yeux et du visage, adapté à votre type de peau. C’est le moment aussi pour un gommage en raison de la prolifération cellulaire en soirée. Il sera ensuite pertinent d’appliquer ensuite un soin anti-ride et régénérant composé d’actifs naturels sur le visage, assimilables par la peau.

Les Huiles Végétales présentent ces qualités et sont toutes hydratantes et présentent une très bonne capacité d’absorption cutanée :

  • HV ROSE MUSQUEE, Rosa Rubiginosa : régénérante +++
  • HV ONAGRE, Oenothera biennis : régénérante, reconstruit les membranes cellulaires +++
  • HV BOURRACHE, Borago Officinalis : régénérante des peaux jusqu’à 40/45 ans
  • HV ARGAN, Argania spinosa : régénérante précieuse
  • HV CHANVRE INDIEN, Cannabis sativa : régénérante et Anti-âge

Vous pouvez ajouter 1 à 2 gouttes de l’une de ces Huiles végétales à votre crème de nuit pour la beauté de votre peau. Il est conseillé également de se coucher avant 23h30 pour régénérer sa peau de manière optimum.

à lire aussi : Les huiles végétales VS les huiles essentielles

Protocole « anti-cernes » naturel :

Déposer sur chaque œil un coton imbibé d’eau florale de Bleuet et laisser poser 2 minutes environ en respirant profondément. Souriez-vous. Puis appliquer 1 goutte d’Huile Végétale de Callophylle Inophylle (Huile Végétale de Tamanu) sur les cernes en tapotant très doucement pour activer la microcirculation de cette zone sensible du contour de l’œil.

En cas de cernes récurrentes : les Huiles essentielles bio de Hélichryse italienne et / ou Camomille matricaire peuvent être ajoutées à l’huile végétale mais à un dosage très réduit : 1% suffit !

  • 1 goutte de HE Hélichryse italienne (Immortelle)
  • 1 goutte de HE Camomille allemande (matricaire)
  • Dans 9,9 ml de HV de Calophylle.
  • Appliquer 2 gouttes de la synergie le matin en faisant des petites vagues avec la pulpe de vos index de l’intérieur vers l’extérieur des yeux. Cette action apaisante va estomper vos cernes progressivement.

Les mécanismes physiologiques de la peau durant la nuit :

  • Pic d’augmentation de la température cutanée (acrophase)
  • L’hormone de croissance a une acrophase à 4h du matin : les enfants grandissent en dormant
  • Taux de cortisol bas (hormone anti inflammatoire) donc multiplication cellulaire très importante entre 21h et 4 h du matin
  • Régénération des membranes maximale
  • Réparation de la barrière cutanée au maximum entre 20h et 23h.
  • La peau cicatrise surtout la nuit (acrophase des mitoses cellulaires à 1h du matin)
  • La microcirculation sanguine cutanée est au plus haut entre minuit et 4h du matin, garantissant la nutrition et l’oxygénation de la peau.
  • Intensité du prurit de la dermite atopique et sensibilité à l’histamine plus forts la nuit que le jour.
    NB : l’histamine est un neuromédiateur impliqué dans les phénomènes inflammatoires et allergiques. Elle joue notamment un rôle de vasodilatation au niveau de la peau. Elle est responsable des démangeaisons.
  • Risque de variations accentuées dans le psoriasis (hyper prolifération cellulaire et inflammation épidermique maximales entre 21H et 3H du matin). Les traitements sont à appliquer le soir avant 21h.

A retenir pour suivre le bon tempo avec les soins de la peau

  • L’hydratation de la peau est optimisée par une application du soin de jour tôt le matin.
  • La peau a le plus d’éclat le matin vers 10h (je passe au photomaton en matinée).
  • Le nez et le front risque de briller à midi en raison d’un pic de production de sébum pour renforcer le film hydrolipidique (je pense à boire le matin et je me repoudre le nez avant d’aller déjeuner).
  • Le début d’après-midi (13h – 16h) est marqué par un ralentissement de la circulation sanguine cutanée. C’est le moment idéal pour s’auto masser le visage ou pour planifier un RDV de soin du corps, afin d’améliorer l’aspect de la peau.
  • Je me démaquille et je gomme la peau entre 20h et 23h.
  • J’applique un soin ayant une action régénérante avant de me coucher.
  • Les risques de démangeaisons sont plus importants la nuit donc je pense à mettre un soin anti-gratouille avant le coucher en cas de psoriasis, d’irritations, d’eczéma…

4. Quelle est l’influence de la chronobiologie dans les traitements médicaux ?

Les effets de certains médicaments (anticancéreux, antiasthmatiques, antalgiques, médicaments cardiovasculaires) peuvent dépendre de l’heure d’administration. Les variations circadiennes du fonctionnement de l’organisme et de chaque organe impactent leur réceptivité. Pour plusieurs molécules, il a été identifié des schémas d’horaires d’administration optimaux pour une meilleure tolérance au traitement et une minimisation des effets secondaires.

Ces observations ont donné naissance à de nouvelles disciplines : la chronomédecine et la chronopharmacologie.

C’est en oncologie que cette application est actuellement le plus utilisée. Le médicament anticancéreux fluorouracile serait plus efficace notamment s’il est perfusé la nuit autour de 4h du matin plutôt qu’à 16h de l’après-midi (cƒ. protocole du Dr Francis Lévi à l’hôpital Paul Brousse (AP-HP, Villejuif).

Il est également reconnu que :

  • Les anesthésiques locaux sont plus actifs l’après-midi.
  • La pénétration de la lidocaïne crème est > 77% le soir par rapport à une application le matin.
  • Une injection intradermique de lidocaïne voit son efficacité doublée à 15h par rapport à une injection fait à 7h du matin.

Conséquence : il vaut mieux se faire arracher une dent ou enlever un grain de beauté ou se faire vacciner à 15h !

  • Par ailleurs, l’activité anti-inflammatoire des dermocorticoïdes est beaucoup plus importante l’après-midi (cf. Etude de 1998 faite sur le dipropionate de bétamétasone qui a démontrée qu’une application quotidienne à 16h (jusqu’à 18h) suffit dans la majorité des cas).
  • La réactivité aux tests allergiques est plus forte l’après-midi et le soir. Un test pratiqué le matin pourrait être faussement négatif (sensibilité à l’histamine plus forte la nuit)
  • La sensibilité aux tests tuberculiniques est presque 3 fois plus forte à 17h et à 22h

En résumé

Votre peau suit un rythme biologique sur un cycle de 24 heures. Pour optimiser vos soins cosmétologiques et garder un joli teint, pensez à ces quelques principes d’hygiène de vie :

  • Boire de l’eau en quantité suffisante pour hydrater la peau et vos organes.
  • Poser un soin hydratant, antioxydant (acide) le plus tôt possible le matin pour aider la peau à se protéger.
  • Effectuer un nettoyage et un soin régénérant et anti-âge entre 20h et 23h.
  • Choisir si possible de se coucher avant 23h30.
  • Privilégier une alimentation variée permettant un apport des nutriments nécessaires à votre peau : vitamines (A, B, C, D, E, K), acides gras essentiels, des oligo-éléments et minéraux (zinc, sélénium, fer).
  • Adoptez une alimentation légère le soir et surtout plus rien après 23h !
  • Les interventions médicales nécessitant une anesthésie sont à planifier de préférence vers 15h.


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